Le roi est mort, vive le roi…

 

         Il y a dans le football des histoires qui se transmettent de génération en génération, des histoires qui resteront gravées à jamais dans les mémoires. Ces histoires-là sont rares et nous en avons vécu une ce weekend grâce à Leicester….

 

Depuis le moyen-Age, la passation de pouvoir des rois donnait place à cette phrase « Le roi est mort vive le roi ». Ce weekend, la couronne est revenue aux « foxes » de Leicester. Et où de mieux que le « King Power Stadium » pour être l’hôte de la majestueuse couronne de la Premier League…. L’équipe de Claudio Ranieri aura écrit l’une des plus belles histoires du football, des histoires qui à la base ne sont que des rêves mais qui à certains moments deviennent une réalité. Qui aurait cru en ce scénario presque de science-fiction ? C’est à se demander le sens de cette histoire. Comment un club échappant in extremis à la relégation peut devenir champion d’Angleterre un an plus tard ?
Ce roi qui est mort n’est autre que le « Foot Business » où la guerre des millions fait rage surtout dans ce championnat de Premier League qui cherche un équilibre entre argent et résultat. Mais qui est ce nouveau roi ? Certes ce nouveau roi est Leicester, mais c’est encore plus fort que ça. Nous vivons dans un système footballistique dicté par l’argent ou les valeurs sont sans cesse bafouées par ces acteurs, mais l’espoir d’un football plus « sain » est possible, il est même représenté, par des joueurs, des entraîneurs, des clubs… Et cette saison nous avons cette chance d’être témoin de cet espoir porté par Leicester, Liverpool, Atletico… Des clubs qui prouvent tout simplement que le foot est plus qu’un sport, plus qu’un simple business. Mais un sport qui est menacé et qui doit être protégé.

           

          Hommes sortis des sentiers battus ou de l’ombre.
L’histoire que Leicester a écrite est symbolisée également par la fantastique progression de ses joueurs. Des joueurs inconnus, quasiment sans intérêt, mais qui petit à petit ont été supportés, adulés presque idolâtrés par le monde du foot et deviennent en quelques mois, en étant champion, des héros pour l’éternité. Mahrez, Vardy, Kanté des joueurs pétris de talent qui ont su briser les chaines les empêchant d’atteindre les sommets. Maintenant, l’Europe, le monde est à leurs pieds. Ils ne seront certainement pas les futurs ballons d’or, ni des stars planétaires mais leur simplicité les rendent justes magnifiques. Derrière ces noms, d’autres joueurs ont été indispensables dans ce sacre comme Morgan le capitaine qui n’aura à aucun moment flanché, il incarne la solidité défensive de cette équipe (15 clean sheet). La belle histoire est également du côté du gardien, Kasper Schmeichel, fils de Peter ex-gloire de Manchester United ayant remporté au même âge que son père son premier titre de champion (29 ans). La liste est encore longue Huth, Fuchs, Albrighton, Okazaki ou encore Drinkwater, des noms, des visages  qui resteront pour toujours gravés dans l’histoire de ce magnifique sport.

 

          Ranieri ou plutôt l’homme qui passe du sympathique au magique.
S’il n’a pratiquement rien gagné dans sa vie d’entraîneur (quelques coupes mais aucun championnat majeur), le « Tinkerman » (le bricoleur) comme il se fait appeler reste néanmoins une personne aimée partout où il passe. Et pourtant sa carrière n’a jamais été rose. En effet, Ranieri a beaucoup voyagé dans sa carrière allant de Naples à Valence, de Monaco à Chelsea en passant par la Juve (entre autres) mais souvent sans réussite. Son identité de « loser » était coulée dans le marbre, son destin presque tracé. Face à la critique Ranieri est toujours resté lui-même comme il nous l’a prouvé. « Je tiens à rappeler que je suis le même homme qui s’est fait virer par la Grèce ». Mais face aux nombreuses critiques, l’italien aura gardé sa classe et sa personnalité intacte.

 

« Parfois ce sont les personnes qu’on imagine capable de rien qui font les choses que personne n’aurait imaginé … » (Imitation Game).